Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le journal de enzo

première photo convocation

THIERRY ROBERT CONVOQUE AUX TRIBUNAL VENDREDI
THIERRY ROBERT CONVOQUE AUX TRIBUNAL VENDREDI

Blog de Pierrot

Thierry Robert accusé d'emploi fictif par son ancien attaché parlementaire

Thierry Robert n'a décidément pas de chance avec ses attachés parlementaires.

Rappelez vous, il y a d'abord eu l'épisode de dénonciation de harcèlement sexuel par l'une de ses attachées parlementaires. Je vous laisse relire mes articles datant du mois de mai dernier ("Thierry Robert : Son ex-attachée parlementaire l'accuse de harcèlement sexuel " et "Affaire de harcèlement sexuel : Thierry Robert répond à côté de la plaque ") pour vous faire votre propre opinion. A l'époque, le député maire de Saint-Leu avait monopolisé les médias (bizarrement, seule Réunion 1ère avait sollicité mon témoignage...), affirmant que tout cela n'était que mensonge et qu'il allait porter plainte contre moi. Quatre mois sont passés et toujours aucune plainte à l'horizon. Sans doute un oubli...

Mais voilà que pointe une nouvelle affaire dans laquelle un deuxième attaché parlementaire, Okan G., accuse le député maire de l'avoir fait employer de façon fictive par la mairie de Saint-Leu, sous-entendant que c'était une façon pour le député de faire l'économie de son salaire et donc
d'augmenter ses revenus...

Pour mémoire, un député touche un salaire de 7.100,15 euros par mois. Ce montant correspond à la somme de son indemnité de base (5.514,68 euros), de son indemnité de fonction (1.420,03 euros) et de son indemnité de résidence (165,44 euros). Une fois déduites les cotisations et les contributions applicables, le salaire net d'un député s'élève à 5.189,27 euros par mois. Mais à ce montant s'ajoutent des indemnités et des avantages supplémentaires.

D'abord, certains parlementaires -comme Thierry Robert- cumulent les fonctions de député avec celles d'élu local (celle de maire notamment). Les indemnités perçues au titre de ce mandat local ne peuvent être cumulés que dans la limite d'1,5 fois le montant de l'indemnité de base d'un député (fixée à 5514,68 euros). Un député qui cumulerait plusieurs mandats ne peut donc pas toucher plus de 5.514,68 X 1,5 = 8.272,02 euros par mois.

En plus de l'indemnité parlementaire, chaque député bénéficie d'une indemnité représentative des frais de mandat visant à prendre en charge les dépenses liées à l'exercice de ses fonctions. Son montant est de 6.412 euros bruts mensuels.

Enfin, et c'est là que cela commence à nous intéresser, un député dispose également d'un crédit affecté à la rémunération de collaborateurs recrutés par lui, et dont les effectifs varient de 1 à 5. Le montant mensuel de cette enveloppe est de 9.138 euros.

A son entrée en fonction, Thierry Robert avait décidé d'embaucher deux attachés parlementaires : celle qui va l'accuser de harcèlement sexuel, et Okan G.

Ce dernier est engagé en tant qu'assistant parlementaire (et donc rémunéré sur l'enveloppe versée par l'assemblée nationale) à raison de 35h hebdomadaires et pour un salaire de 2.400 € brut.

Avant d'aller plus loin, relevons qu'une fois déduits les salaires des deux attachés parlementaires, Thierry Robert n'a consommé qu'une partie de son enveloppe parlementaire dédiée et qu'il se met plus de 3.500 € dans la poche au passage tous les mois. Mais passons...

Un transfert de contrat de travail sur la mairie de St-Leu

Bizarrement, moins de 15 jours plus tard, ce temps de travail est réduit à 8h et le salaire à 535 €. Mais tout aussi étrangement, en parallèle, le même jour, Okan G. était embauché cette fois par la commune de Saint-Leu, comme attaché parlementaire auprès du député Thierry Robert, à temps partiel (80% de 35h) pour un salaire de 2.770 € brut.

Cette "manip" aurait pu se justifier si Okan G. avait effectué un réel travail pour le compte de la mairie de Saint-Leu, mais à lire la requête en annulation qu'il a introduite en mars 2014 auprès du tribunal administratif de Saint-Denis, il affirme au contraire "qu'aucune mission ne lui était confiée pour le compte de la commune qui le rémunérait". Autrement dit, il accuse Thierry Robert d'emploi fictif et demande au tribunal de le rétablir en tant qu'assistant parlementaire... rémunéré par l'Assemblée nationale, et non pas par la mairie de Saint-Leu.

La différence n'est pas mince car, si le tribunal reconnait que Okan G. a raison, cela signifierait tout simplement que Thierry Robert, en tant que maire de Saint-Leu, a créé un emploi fictif rémunéré sur fonds publics par les contribuables de Saint-Leu, pour permettre à Thierry Robert, député, d'économiser quelque 2.800 € tous les mois. Ce qui s'apparenterait pas moins qu'à un détournement de fonds publics !

Que voulez-vous, on peut se vanter de toucher quelque 90.000 € par mois et ne pas cracher sur quelques vulgaires 2.800 € de plus...

On notera au passage qu'Okan G., comme sa consoeur, accuse également Thierry Robert de "comportement agressif à son égard", d'"intrusions dans sa vie privée" et de "harcèlement moral". Pour une fois, on échappe au harcèlement sexuel...

Que fait le procureur ?

Ces faits sont connus de la justice puisque l'affaire est toujours en cours devant le tribunal administratif de Saint-Denis et que son président est tenu, dès lors qu'il a vent d'une affaire comportant des faits pouvant être qualifiés pénalement, de les transmettre au Parquet.

Nous avons donc envoyé vendredi un mail au procureur de la République de Saint-Pierre pour savoir s'il était informé de ce dossier et s'il avait déclenché une enquête. Nous attendons sa réponse.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article